Cruiser et médiator même combat ?

agriculture paysanne

 

Cruiser et Mediator : même combat ?

Communiqué de presse - 25 janv 2011

Lors de l’audience du lundi 24 janvier au Conseil d’État, le Rapporteur Public a demandé l’annulation des décisions par lesquelles le ministre de l’Agriculture a autorisé l’insecticide d’enrobage de semences CRUISER en 2008, 2009 et 2010.

Les manquements du ministre et de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA), agence chargée de l’évaluation, ont été énoncés par le Rapporteur public. La Confédération paysanne rappelle avoir constaté, après lecture d’une partie du dossier d’études complémentaires demandées à Syngenta que l’AMM du Cruiser en 2008, a été accordé suite à une falsification d’expérimentation et à des dissimulations des effets sur les abeilles.

Le Conseil d’Etat devrait suivre l’avis du Rapporteur public. Or,le Ministre de l’agriculture a, pour la quatrième année consécutive, donné une AMM au Cruiser le 08 décembre dernier pour la campagne de semis 2011 ; il devra tirer les conséquences de la décision de la juridiction suprême.

Il faut en retenir que l’Etat n’assure plus ses missions de garante de la santé publique. Le Cruiser n’a pas fait l’objet d’une évaluation complète en termes de dangerosité, ce qui n’a pas empêché le Ministre de l’agriculture de l’autoriser à la vente afin de traiter des centaines de milliers d’hectares.

En pleine tempête Médiator, le constat qui prévaut pour le médicament en santé humaine s’avère extensible au domaine agricole.

La Confédération paysanne attend du Ministre de l’agriculture qu’il revienne sur sa décision d’autorisation de l’insecticide de la firme Syngenta.


(*) Union nationale de l’apiculture française, syndicats apicoles professionnels de Bretagne, du Centre et de l’Ouest et de Rhône_Alpes, de l’Unaf et associations Générations futures, les Amis de la Terre, et France Nature Environnement

 

 

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Yannick Chenet, viticulteur en Charentes est décédé, victime des pesticides

Communiqué de presse - 21 janv 2011

La Confédération paysanne adresse ses condoléances à sa famille et à ses proches, et salue le courage et la volonté de Yannick qui s’est battu pendant huit ans contre la maladie. Sa détermination lui a permis de faire admettre le caractère professionnel de cette maladie, liée à l’utilisation des pesticides.


Du courage, il en faut, pour témoigner, comme il l’a fait, à contre-courant des comportements habituels du monde agricole. Combien de paysans sont malades ou morts, sans qu’on ait cherché à  établir une relation entre leur maladie et les pesticides ? Combien de temps entendra-t-on encore le discours hypocrite des industriels «nos produits correctement  utilisés ne présentent aucun risque» ?

 

 

Les pesticides sont autorisés après évaluation de l’acceptabilité du risque, à partir de données fournies uniquement par le fabriquant. Le décès de Yannick Chenet, ainsi que tous ceux non répertoriés, fait-il partie de cette acceptabilité ? Quand mettra-t-on fin à des décennies de complicité et de scandaleux compagnonnage entre les services de l’Etat et les  industriels, dans la gestion de l’utilisation des pesticides ?


La Confédération paysanne fait sienne la question posée par Roger Heim, directeur du Muséum d’Histoire Naturelle et  président de l’Académie des Sciences qui déclara en 1963 : « qui mettra en prison les empoisonneurs publics instillant chaque jour les produits que la chimie de synthèse livre à leurs profits et à leurs imprudences ? ». (*)


(*) Préface de la traduction française de l’ouvrage de Rachel Carson «Printemps silencieux»

 

( note du biau jardinier :  cette préface «d’origine» n’a pas été reprise dans la dernière réédition du livre de Rachel Carlson.)

 

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