La vacance de Monsieur Hulot

Extraits choisis de ce qui a été dit dans l’poste hier mardi.

« Je ne comprends pas que nous assistions globalement les uns et les autres à la gestation d’une tragédie bien annoncée dans une forme d’indifférence. La planète est en train de devenir une étuve, nos ressources naturelles s’épuisent, la biodiversité fond comme la neige au soleil, et ce n’est pas toujours appréhendé comme un enjeu prioritaire. Et surtout (…) on s’évertue à entretenir voire à réanimer un modèle économique marchand qui est la cause de tous ces désordres. (…) 

(…) Est-ce que j’ai une société structurée qui descend dans la rue pour défendre la biodiversité ?  (*)

(…) Nous faisons des petits pas et la France en fait beaucoup plus que d’autres, mais est-ce que les petits pas suffisent à endiguer, inverser et même à s’adapter parce que nous avons basculé dans la tragédie climatique ? La réponse est non. (*)

Est-ce que nous avons commencé à réduire nos émissions de gaz à effet de serre ? La réponse est non.

Est-ce que nous avons commencé à réduire l’utilisation des pesticides ? La réponse est non.

Est-ce que nous avons commencé à enrayer la réduction de la biodiversité ? La réponse est non.

Est-ce que nous avons commencé à se mettre en situation d’arrêter l’artificialisation des sols ? La réponse est non. (…)

(…) Je me suis moi-même largement prononcé sur des traités comme le CETA et on va en avoir une floppée d’autres. (…)

Est-ce que nous nous sommes mis en situation de passer un contrat d’avenir avec l’Afrique ? La réponse est non.

Où est passé la taxe sur les transactions financières qui était le minimum pour donner les moyens à l’Afrique de s’adapter, d’évoluer ? Est-ce que nous ne nous voilons pas la face sur le fait qu’une partie des migrants qui viennent frapper aux portes de l’Europe, une partie c’est pour des raisons climatiques ? (…)

Le nucléaire, cette folie inutile, économiquement, techniquement, dans lequel on s’entête.  (…)

Les grandes tendances demeurent [au gouvernement]. La remise en cause d’un modèle agricole dominant n’est pas là. (*)

On recherche une croissance à tout crin sans regarder ce qui appartient à la solution et ce qui appartient au problème. Quand on se réjouit de voir sortir de Saint-Nazaire un porte-conteneurs qui va porter 50 000 conteneurs, superbe performance technologique, est-ce bon pour la planète ? La réponse est non.

Et c’est toutes ces incohérences et contradictions. Et dans cette équation impossible des critères maastrichiens sur un plan budgétaire, est-ce qu’on essaie un peu d’être disruptif et d’investir un peu dans la transition écologique ? Les investissements qui permettent de réduire notre dépendance énergétique qui ne sont pas des dépenses mais des investissements est-ce qu’on s’est autorisé à sortir un petit peu de l’orthodoxie économique et financière ?

Est-ce que la finance de spéculation qui spécule sur des biens communs on l’a véritablement remis en cause ? On va me dire en un an on ne peut pas tout faire, sauf qu’il y a une telle urgence. (…)

Ça fait trente ans qu’on est patient, qu’on laisse les phénomènes se dérouler. Ils sont en train de nous échapper. » (*)

_ _ fin des extraits_ _

(*)

«Note du claviste» :

est il vraiment besoin de s’obstiner à rester ministre si longtemps pour oser comprendre qu’au milieu des lobbyistes - des corporations comme de la chimie - ou de milices privées présidentielles, aucun petit doigt ne sera jamais assez gros pour cacher l’impuissance individualiste qui souhaite concilier les contraires pour ne froisser personne ? Et faire croire (et se faire croire) qu’il est possible de tout changer et «en meme temps» ne choquer rien ni froisser personne.

Comment imaginer que ce seraient des pas à pas individuels qui remplaceraient la prise de risque de mobilisations collectives déterminées, fondées sur des engagements personnels concrets, résistants, proposant ET affrontant, pour créer un rapport de force obtenant la sauvegarde du bien commun au détriment des intérets de la minorité ?

Si, pour les spectateurs de ce moment médiatique, hier était jour de prise de conscience d’une situation concrète et des moyens de l’aborder, la «vacance de Monsieur Hulot» serait un «Jour de fete» !

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Suite de l’actu média, aujourd’hui, les experts se perdent en pronostics : à qui le tour ?

un(e) ex EELV à «recycler» ou à Placé ? un administratif d’association environnementaliste hyper subventionnée pronant l’engagement par clic pétitionnneur ? l’ancien ministre Claude Allègre, «scientifique» assimilant changement climatique et fakenew de conspirationniste ? l’ancien ministre Fabius, actionneur de petit maillet vert et en bois made in Jura (39) connu pour avoir supprimé l’impôt progressif sur la puissance des voitures individuelles («vignette») ? supprimer ce ministère inefficace par économie budgétaire et rédiger une charte éthique des bonnes pratiques des autres ministères (avec objectifs raiasonnables à échéance 2063.5) ?

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