Binages, engrais verts et foins.

Différents pas de temps dans les récents travaux à la ferme : court (entretien des légumes) moyen (incorporation d’engrais vert) et long terme (foins pour bovins).

En cette année zarbi, la période reste encore à la répétition des binages hebdomadaires.

Normal, en «pleine saison» (en retard ah, 2021…) c’est chaque semaine : le Biau Jardinier est intraitable ! Pour lui, mieux vaut prévenir rapidement, confortablement, mécaniquement, et favoriser la vie microbienne, plutôt que guérir… longuement… à la main… à quatre pattes… et dans une culture «jaunasse qui traînasse» ! Alors les vacances d’été de Charline ont été l’occasion d’initier Salya à la conduite de la bineuse.

Salya.

Après une période de salariat chez Tudual, un collègue Breton, Salya cherchait un maître de stage pour quelques semaines d’hiver printemps dans le cadre d’une formation BPREA près de Lyon. C’est ainsi que Tudual l’a mise en contact avec le Biau Jardinier, qui, ensuite, l’a embauchée pour toute la saison d’été. Motivée par une possible installation à moyen terme, elle participe à l’ensemble des travaux du jardin, récolte, taille, désherbage, repiquage, préparation des paniers, etc…

Binages.

Et elle a été «gâtée», Salya, parce qu’en peu de jours, ce sont les deux bineuses guidées de la ferme, et dans différents montages, qui ont été utilisées puisqu’il a fallu entretenir des cultures à trois rangs en tout début de végétation, avec la bineuse de précision Duo (semis directs de radis navet)

des cultures à trois rangs, bien développées, avec la Schmotzer

des cultures à deux rangs toujours avec la Schmotzer, mais avec les doigts souples de binage pour «faire» sur le rang lui-même, comme dans le poireau.


Elle a été doublement gâtée, Salya, puisque 8 jours plus tard, c’est à nouveau elle qui a fait le deuxième binage des semis de radis/navet.

Et bien sûr qu’après les binages des cultures sensibles à l’altise ou la mouche, et puisqu’il avait fallu les enlever pour travailler, et bien on re-pose les filets tissés anti-insectes tout partout où il y en avait. Un genre de faire et défaire :-))

Buttages.

Le Biau Jardinier a aussi biné / butté, seul, bon nombre de cultures grâce à la BPO. En affinant le réglage des outils aux différentes situations de développement des légumes. La Barre Porte Outils, c’est pour le petit maraîcher diversifié, un véritable couteau suisse, auto-construit (au tarif du couteau français).

Et il a «auto-butté» un peu partout : dans de jolis carrés de chou brocoli, chou-fleur, cabu, pointu, rouge.

Et aussi dans le chou de Bruxelles où pas mal n’avaient pas réussi à correctement s’implanter.

Dans pas mal de cultures il y a des manques. Parce que oui, cette saison 2021 est vraiment … «compliquée». Vraiment. Mais bon : ça va, hein ! mais…

Saison chaotique.

Même si grâce à l’obstination du Biau Jardinier de ne jamais rater la moindre occasion de biner les cultures, et ainsi favoriser au mieux leur développement et les garder sans adventices, impossible de ne pas voir les méchantes conséquences de cette saison très chaotique. On est dans la philosophie du «ça va, hein ! mais…»

Côté racines pour l’hiver, c’est mollasson, un peu poussif,

  • panais

  • céleri-rave

  •  voire irrégulier dans le carré de carotte.

Ça va, hein, mais…

À cause d’une météo «chaotique» dont les conséquences n’auront au moins pas été aggravées par un mauvais entretien des cultures. Ça console un peu !

Chez les tomates aussi, ça va, hein ! mais… pour celles plantées pour être mûres à la rentrée, il y a comme de la timidité, mais pourtant sans rougir devant les Biaux jardiniers !

Et sur les aubergines c’est à la limite du blocage. Faut dire qu’avec toute l’eau qu’elles ont eu sous les pieds et jusqu’aux genoux 8 jours durant… Plus l’intervention de la punaise Nezara qui détruit les fleurs…

Bref, tous nos légumes se souviennent que la météo leur a marché dessus quand y z’étaient p’tits !

Heureusement, la masse des heures de binage a grandement limité la casse en garantissant que les cultures pas super réussies ne s’accompagnent pas en plus de l’invasion par les herbes adventices. Il y a même eu moyen

  • de faire de la belle prévention ailleurs : passer la herse étrille à nouveau sur jeunes plantations  pour désherber efficacement «en plein»,

  • de passer vite fait, pour sortir à la main et au seau,avant buttage à la BPO, les quelques touffes menaçantes d’adventices qui osaient faire de la résistance.

Et ça, ça rassure le paysan-maraîcher parce que l’herbe de septembre, c’est celle qui, dans notre système sans labour, amènera les enherbements de l’année suivante. Oui ! Les enherbements. À venir.

Et le Biau Jardinier, dans le contexte 2021, est plutôt satisfait du résultat. Donc :  ça va, hein ! mais…

Incorporation d’engrais vert.

Dans une parcelle du jardin qui était en engrais vert pluri-annuel depuis trois années pleines, le mélange a été broyé une dernière fois

Engrais vert pluriannuel broyé avant déchaumage et incorporation.

peu après le broyage précédent, vu qu’il y avait beaucoup de matière végétale. C’est un mélange très rustique, qui s’est donc bien développé malgré les conditions très «chaotiques» de cette année très «compliquée». Il a été déchaumé, comme d’hab avec le vieux rotovator bientôt quadragénaire.

Déchaumage d'engrais vert pluriannuel avec le petit rotovator.

Planche par planche. Et c’est vrai que si d’un bout de la parcelle, on regarde bien comme il faut tout au loin de l’autre bout, juste devant les tunnels, un petit Biau Jardinier sur un petit tracteur qui commence à déchaumer avec le vieux petit rotovator, on peut se dire, ben mon vieux, c’est pas demain que tu vas être au bout tout en bas !

Oui, c’est un travail assez long, et du genre monotone, d’autant qu’il est nécessaire, ensuite, de biner toutes les allées. Total chantier : une douzaine d’heures.

C’est sûr que comme fumure, épandre quelques sacs d’engrais -  organique ou de synthèse selon bio ou pas - c’est plus rapide et revient nettement moins cher. Mais…

Le travail du sol réalisé par les racines d’engrais vert pluriannuel, les Biaux Jardiniers trouvent ça vraiment bien joli… et se demandent bien quel outil mécanique (tiré par un tracteur conduit par un paysan) serait capable de faire aussi bien que les racines d’un mélange végétal qui une fois semé, pousse plusieurs années… tout seul… jour et nuit, semaine, dimanches et fêtes… et ils ne seraient pas très étonnés que les années suivantes, ce type d’agronomie leur permette la récolte de bien beaux légumes, puisqu’ils l’ont déja constaté.

Déchaumage d'engrais vert pluriannuel avec le petit rotovator. C'est un peu long...

Et sitot déchaumé, l’engrais vert a été incorporé et les planches reformées par un rapide passage de la butteuse auto-construite de la première génération.

Même au prix de tout ce temps, donc, la rotation à base d’engrais vert pluriannuel en planche permanente reste leur système incontournable aux yeux des Biaux Jardiniers. En permettant d’éviter le retour systématique de la culture de légumes sur les mêmes parcelles chaque année ou presque :

  • on prévient la multiplication de maladies, parasites et surtout virus que le maraîchage intensif - conventionnel ou bio - provoque,
  • on bénéficie d’une fumure azotée gratuite par les fabacées qui le puisent écologiquement dans l’air
  • on obtient un ameublissement naturel du sol par les racines puissantes et profondes des poacées.

Ce système de maraîchage non intensif à base d’engrais vert, le Biau Jardinier l’apprécie tellement qu’il va s’empresser… de semer un nouvel engrais vert ! Pour protéger ces jolies planches récemment buttées jusqu’à leur prochaine mise en culture.

Dans les tunnels aussi, il y avait de beaux engrais verts, annuels ceux-ci, différents mélanges, en place depuis l’été voire depuis le printemps.

Sous tunnel floraison d'engrais vert estival en mélange diversifié.

Plusieurs ont été broyés,

puis déchaumés et incorporés avec la butteuse auto-construite pour mettre les planches en culture.

Plantations.

Pour quelques légumes arrive le moment de risquer une dernière plantation de plein champ.

Pour d’autres, les échelonnements continuent selon le plan de culture.

Récoltes.

Dernière variété d’oignon jaune de conservation : ils avaient été arrachés et laissés à sécher plusieurs jours au soleil,

Pré-séchage au champ avant mise en palox pour séchage dynamique dans le local auto-construit.

ils ont été rentrés, et même en marche arrière, avec donc un palox sur la fourche derrière (enfin… devant) et le plateau accroché devant (enfin… derrière).

Ça avait été l’occasion d’un nouveau bricolage pour quelques palox bois - que les Biaux Jardiniers achètent d’occasion localement -

pour les adapter à leur système de ventilation auto-construit.

Du côté des cultures de courges pour l’automne / hiver, première récolte : du potimaron orange. Les Biaux Jardiniers ont utilisé les techniques habituelles pour économiser les pas : l’équipe de rugby ! Et «en même temps» avec douceur.

Et remplir les palox. Avec douceur.

Foins.

Terriblement en retard pour cause de météo, et donc d’assez piètre qualité, le foin avait été fait.

Des bovins pourront le manger, et ainsi le transformer en fumier. Le Biau Jardinier, qui n’élève pas de bovins (comment tout faire ? et surtout, le faire bien…) pourra acheter du fumier : le cycle

Alors, ça va, hein ! mais…

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