Récolte de l'oignon de conservation.

Juste avant le 15 août, la tombaison assez importante du feuillage de l’oignon montrait sa bonne maturité pour la récolte.

La météo garantissait une exception en cet été 2021 : 48 heures sans pluie !

Arrachage.

Mécanique et manuel.

Alors les Biaux Jardiniers ont décidé d’arracher la récolte, qui était bien belle. Ça a été une sacrée «action de groupe», puisque qu’elle a mobilisé tout le monde… et plusieurs matériels. Hé oui, il fallait absolument faire dans les délais impartis : le but, c’est que l’arrachage de l’ensemble soit terminé suffisamment tôt le matin de façon à bénéficier au maximum de ces deux journées de pré-séchage solaire fourni gracieusement par les éléments ensoleillés à venir promis par la météo. Et d’avoir ensuite le temps de tout manipuler puis mettre à l’abri - avant la pluie - la récolte dans le local à oignon auto-construit. Objectif : séchage par ventilation.

Deux ou trois semaines auparavant, et pour être prêts sans délai le jour J, les Biaux Jardiniers avaient préventivement débâché les allées permanentes :

c’est à dire roulotté les toiles, qui avaient empêché les herbes adventices de pousser dans les allées, après avoir arraché une à une les agrafes métalliques qui les fixaient au sol depuis la plantation. Tout cette «petite quincaillerie» a été rangée dans le tunnel «dédié» (ah, ça sait causer techno-moderne, les ploucs !) en attente de s’en resservir, puisque, toiles d’allées comme agrafes, ça dure une dizaine d’années. Travail indispensable associé à la «méthode corse». Travail supplémentaire ? Oui, bien sûr… mais travail qui dispense de tout entretien mécanique et manuel des allées.

Le Biau Jardinier a utilisé sa vieille arracheuse, achetée d’occasion il y a plus de trente années, pour sortir l’oignon de terre et qui, dans le même passage, soulève le film noir de paillage qui couvre la planche permanente.

L'arracheuse permet de soulever l'oignon et le film de paillage sur toute la largeur de la planche permanente.

Arrachage mécanique de l'oignon cultivé en planche permanente.

Au bilan, ce film polyéthylène sur la planche permanente aura permis, et tout au long de la culture,

  • de limiter la pousse des herbes adventices (et donc le travail manuel associé) à suffisamment peu de choses pour que l’entretien ne soit réalisé… que par des travailleurs correctement rémunérés.
  • d’économiser l’eau nécessaire au développement de l’oignon tout en contribuant à limiter les maladies.

Deux gros avantages à nos yeux d› écos paysans-travailleurs-bio.

Le film est secoué manuellement pour le débarrasser des restes de terre et quelques débris végétaux

Nettoyage du film noir de paillage avant collecte pour recyclage.

de façon à ce qu’il soit assez propre pour être ensuite porté à la collecte sélective et récupéré pour recyclage.

Récupération des films usagés, collecte et recyclage.

Pré-séchage au sol.

L’oignon arraché, lui, reste au sol pour son pré-séchage au soleil.

Pré-séchage au sol de l'oignon de conservation.

Quelques variétés d’oignon sont chez nous cultivées en moins grande quantité : soit pour essai en comparaison avec notre «variété de référence», soit parce que la demande en est plus faible, soit leur période de conservation plus courte, etc…. Parmi les variétés concernées, celles arrivées à maturité ont été arrachés aussi, mais manuellement par Salia et Kim,

Arrachage manuel de quelques variétés d'oignon.

qui ont eu vite fait de les disposer sur le film pour commencer à les laisser sécher au soleil eux aussi le plus tôt possible.

Pré-séchage de l'oignon de conservation au sol sur film de paillage noir.

Les Biaux Jardiniers ont ainsi arraché l’essentiel des deux carrés d’oignon cultivés cette année.

On peut les compter sur la photo, il-elle-s ont travaillé comme quatre… et en fin de matin, c’était plié !

Le lendemain après-midi, il s’agissait de rentrer la récolte au local de séchage dans le bâtiment bioclimatique. C’était donc la partie

Manutention.

Avec une particularité cette année, due au chantier «chambre froide» en cours à l’ouest du bâtiment qui, empêche pour l’instant l’accès au pied du couloir de l’étage. Ce qui a imposé l’utilisation d’un manuscopic (avec son loooong bras) loué pour la journée .

Comme activité, cette partie de la récolte des oignons, ça ressemble vaguement à un genre de mise en pratique - particulier - du principe des vases communiquants : l’oignon est sur la terre, cagettes vides distribuées dans le carré, oignon mis dans des cagettes, des palox vides sont chargés sur le plateau, palox vides descendus au jardin, palox vides posés au bout des planches,  palox vides répartis dans les planches grâce au mat lève palette, cagettes pleines d’oignon vidées pour en remplir des palox, palox pleins amenés au bout des planches, palox chargés sur la remorque, remorque montée dans la cour du bâtiment, palox repris par le manuscopic, palox montés à l’étage, palox posés au bout du couloir de l’étage, palox roulés au transpalette manuel dans le local de séchage, local de séchage garni de palox rangés… «petit bois derrière chez moi et lon lon la lon lère» (air connu). OUF !

Emballages.

Amener des palox au jardin par séries de 6 grâce au plateau (gain de temps de transport) prêté par Paul (merci à lui !).

Approvisionnement des palox.

Descendre les palox du plateau grâce à la place disponible entre certains carrés de légume (maraîchage rural bio et non intensif => confort de travail).

Répartir les palox dans les planches permanentes avec le tracteur et le mat lève-palette permet de ne rouler que dans les allées. Répartir aussi des cagettes vides par le même moyen.

Mise en cagettes.

Ramasser les oignons à la main et en remplir les cagettes.

Les oignons sont ramassés à la main pour remplir les cagettes.

etc… en laissant libres les allées pour y rouler

Ramassage manuel des oignons soulevés par l'arracheuse et mise en cagettes pour faciliter la manutention.

etc… en attente de remplir les pallox

Ramassage manuel des oignons cultivés en planche permanente et mise en cagettes.

Mise en palox.

Vider les cagettes dans les palox qui, pour faire moins de pas, avaient été répartis au tracteur tout au long des planches permanentes.

Poser ensuite les cagettes vides au sol

Sortir les palox pleins d’oignon en bout des planches, idem grâce au tracteur équipé du mat lève-palette (acheté d’occasion il y a une bonne trentaine d’années) on peut ainsi en roulant dans les allées respecter le sol des planches permanentes.

Équipé de sa fourche lève-palettes, le tracteur roule dans les allées permanentes.

Utilisation des palox bois achetés d’occasion et auto-adaptés au séchage dynamique par ventilation.

Manutention des palox grâce à la fourche lève palettes du tracteur.

Et bien sûr pendant ce temps, on empile les cagettes vidées,

pour les redistribuer dans les planches non encore récoltées,

on ramasse les oignons pour remplir à nouveau les cagettes, pour remplir à nouveau d’autres pallox vides, qui ont à nouveau été amenés à pied d’oeuvre.

et quand c’est plein on vide,

et quand c’est vide, on ne se plaint pas… on continue.

etc… etc… Et chaque fois que de besoin, on se concerte pour affiner.

Malgré l’aide des divers engins, la récolte de l’oignon de conservation à l’échelle du petit maraîcher diversifié reste donc une activité très TRÈS manuelle : emplois non délocalisables. Et financés. Bref, l’agriculture Bio. Simplement.

Récolte de l'oignon jaune : beaucoup de manutention manuelle.

Transport.

Reprise des palox pleins pour les charger sur le plateau.

Mise en plateau des palox d'oignon de conservation.

Direction le bâtiment.

Mais «bien sûr», le ciel a commencé à se voiler plus tôt qu’annoncé par la météo…

et a bousculé la fin de la récolte, et les récolteurs ! Le dernier voyage, consacré aux variétés en petite quantité récoltées «en vrac» a même été arrosé.

Local de ventilation.

C’est le chantier «chambre froide» en cours à l’ouest du bâtiment qui, en interdisant en ce moment l’accès au pied du couloir de l’étage, empêchait l’utilisation habituelle du chariot élévateur de la ferme.

Le Biau Jardinier a donc loué un manuscopic à long bras pour la circonstance : parce que sans lui, ça aurait été un peu loin…

Les palox ont donc été rangés dans leur local de stockage auto-construit.

Séchage de l'oignon en palox par ventilation dans le local de conservation auto-construit.

Et en route : la sonde de température est installée à coeur dans un des palox d’oignon, les portes du local sont fermées, les trappes sont réglées selon les besoins, les ventilateurs sont démarrés : le séchage peut commencer…

Et c’est fini ? «Presque !» : il faudra juste surveiller, modifier, s’inquiéter, observer, ajuster, sonder, contrôler, etc…

Et ensuite ?

Et ensuite ? Yzon fékoa les Biaux Jardiniers ? Parce que c’était à peine 19 heures, hein… alors ? Et bien ensuite, c’est tout simple : douches, changements d’habits, repas de fête. Parcequ’ya pas d’raison : la Bio paysanne !

  • Raaa, non sérieux, ensuite, ils ont fait quoi AU - JAR - DIN ! les Biaux Jardiniers, DANS LE CARRÉ D’OIGNON ??
  • Aaaaa ! dans le carré d’oignon ???  Et bien ils se sont lancés les jours suivants dans la reprise des planches permanentes récoltées : le cycle !

Reprise des planches.

Donc le premier épisode a consisté à déterrer les films des planches qui avaient été arrachées à la main : ça a été fait vite et bien avec les soc souleveurs montés sur la BPO, la Barre Porte outils auto-construite. Et évidemment à les secouer et les porter au recyclage. Une fois ce travail réalisé,

le Biau Jardinier a repris les planches permanentes avec son «cultibutte auto-construit de la première génération» tant sur les planches qui venaient d’être débâchées

Reprise

que sur le carré d’oignon récolté avec l’arracheuse. C’est donc, avec un outil bon marché et auto-construit par le paysan lui-même dans le cadre d’une formation de groupe réellement et concrètement qualifiante, trois actions agronomiques en un seul passage de tracteur :

  1. une fissuration douce sur tout le profil de la planche permanente,
  2. un travail de finition en surface avec les rouleaux,
  3. un binage de surface des allées permanentes pour lutter préventivement contre l’invasion par les vivaces.

Le tout en ne provoquant aucun tassement de la terre dans laquelle pousseront les prochains végétaux. Et bien sûr sans outil rotatif pulvérisant intensivement la structure et nocif à toute la vie du sol, sans pieds de maraîcher piétinant la terre fraîchement travaillée : le système planche permanente.

Reprise du carré d'oignon avec le cultibutte pour des planches permanentes prêtes à être semées d'un engrais vert.

Le prochain travail va consister à récolter les deux variétés d’oignon les plus tardives, puis à reprendre les planches concernées, et enfin à semer un engrais vert dans le but de

  • fixer de l’azote atmosphérique et auto-produire à la ferme de la matière fertilisante à incorporer au sol,
  • ameublir le sol sur tout son profil par le développement des racines de l’engrais vert adapté,
  • couvrir et protéger les planches permanentes de l’érosion hivernale et des lessivages associés,
  • et ainsi mettre en place les bonnes conditions de sol pour les implantations de légume du printemps prochain. Le cycle…

Bref, et au delà des grands mots fleurissant sur les vidéos hors sol encore en vogue : pratiquer une culture biologique extensive, efficace et productive : adaptée. Tout simplement.

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