"Trop d'eau en juin...terrain pas sain"

…c’est du moins ce que dit Monsieur Populaire (Sagesse de son  prénom) le bien connu producteur… d’adages. Il dit aussi : «Trop d’eau en mai…terrain mauvais» «Déluge en juin…le jardin va pas trop bien»… et «Jardin trop mouillé…Biau Jardinier bien em…bêté». Il a ben drôle-ment raison, Sagesse Populaire !

À peu près pas une journée sans pluie, petite, ou grosse, (ou très grosse !) depuis un bon moment. Jardiner dans ces conditions, «c’est pas évident»… Faut s’adapter sévère… C’est alors au  Biau Jardinier (comme à sa salariée) d’être disponible à 100% pendant les quelques moments où le sol peut être travaillé, les légumes repiqués, etc bref, le travail fait… Mieux vaut donc ne pas être trop rigide sur l’emploi du temps, la place des moments de travail et des moments de repos (qui sont dûs au travailleur, même paysan…). Parce que travailler un samedi ou un dimanche, et se reposer un lundi ou un jeudi, des fois, çà peut permettre de se sortir d’un très mauvais pas météo !

C’est l’inconvénient/le charme du travail paysan : il faut s’adapter, toujours, notamment à la météo. Le paysan bénéficie d’une grande liberté… dans un milieu… à respecter…de gré… ou de force… (On dirait un sujet de bacc philo : «la liberté, c’est la conscience de la nécessité»).

Les conséquences de cette difficile météo 2018 ne se font encore que peu sentir dans les paniers. Les grands perdants ce sont les petits pois. On attendait une petite récolte car ils avaient bien souffert des alternances chaud / froid du mois de mars. Ils ont ensuite été pas mal cognés par les orages, gavés d’eau par les pluies. Ils ont donc eu le tout petit rendement «attendu» (le tiers de la récolte 2017). Tous les paniers en auront cependant eu une fois.

Pour ce qui est des autres légumes, le plus dur est devant nous : l’asphyxie racinaire provoquée par l’excès d’eau (même en sol maraîcher, même en planche permanente, même avec le retour régulier des engrais verts pluriannuels à enracinement profond) provoque du jaunissement : le rendement de certains légumes d’été (oignon, maïs par exemple) en pâtira vraisemblablement.

Le trop d’eau, c’est aussi du travail à refaire. Le panais par exemple avait pû être semé en conditions correctes, avant les trombes d’eau, derrière une occultation (LIEN) et il avait bien levé. Pour cause météo, les adventices ont très vite poussé et le premier binage a pu être réalisé avec seulement un petit peu de retard. Mais surtout, il a re-plu le lendemain, ce qui est un bon moyen pour en réduire beaucoup l’efficacité

Il a donc fallu recommencer dès la fenêtre météo suivante.

Pour d’autres cultures, il a été possible de jongler et par exemple le premier semis de carotte d’hiver a levé correctement : soulagement !

En travaillant pendant le repos du ouiquinde, le Biau Jardinier a pu, notamment, biner les allées dans les engrais verts pluriannuels

et aussi broyer ceux qui devaient l’être. Il a juste été possible, en début de soirée, de passer la butteuse pour l’incorporer.

Bien lui en a pris, car la nuit suivante, plouf ! Un gros sac d’eau…

Grâce à tout çà, ce n’est donc pour l’instant pas la catastrophe crainte : le Biau Jardin vit juste à la limite, ce qui n’est évidemment pas le plus décontractant… Et puis il y a pas mal de belles récoltes, le chou-fleur arrive et aussi du vraiment beau fenouil de plein champ. Ce qui aide le moral.

Mais les conditions d’humidité font que certaines maladies «galopent», et même cachée derrière une belle bande fleurie, la rouille sur l’ail a fait des ravages, l’oignon peine dans toute cette flotte ! La lutte psychologique consiste à regarder plutôt la bande fleurie et l’oignon encore vert au premier plan que les cultures vilaines à gauche au second plan !

Pour «s’occuper» pendant qu’il pleut, donc éviter de prendre du retard et pour être dispo à 100% quand le temps s’arrangera, le Biau Jardinier trouve aussi quelques activités à l’atelier, par exemple, préparer des «peignes» d’alimentation pour les planches de plein champ qui seront arrosées en goutte à goutte pour la première fois cette année.

Parce que, un jour, peut-être, il ne pleuvra plus… et alors, et ben, ce jour là, alors, il faudra être prêt à arroser… pour espérer récolter et remplir les paniers !

 

 

 

 

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