4 outils nécessaires et suffisants

Passer au travail en planche permanente de façon confortable, c’est au fond maintenant assez facile. Il suffit de disposer de la gamme des 4 outils ; et ils peuvent tous aisément se construire - et à peu de frais ! - dans le cadre des formations de 5 jours qui sont organisées par l’Atelier Paysan ( ex adabio auto-construction) :

  • la butteuse à planche, pour «monter» la planche
  • le cultibutte, pour structurer tout le profil de la planche
  • le vibroplanche, pour obtenir un bon lit de semence.

Évidemment tous équipés du triangle d’attelage rapide, bien sûr amélioré par sa bascule, qui permettront de gagner en confort et en rapidité.

Financièrement, il en coûtera dans ces conditions, et pour toute la gamme, largement moins cher que d’acheter un seul de ces outils du commerce qui prétendent à l’universalité d’emploi, voire à préparer une planche prête à planter à partir d’une prairie en un seul passage… Restera même largement, pour le même budget,  de quoi investir, par exemple, dans broyeur et semoir pour engrais vert.

Triangle d'attelage et bascule

Pour atteler les outils au tracteur avec efficacité, rapidité, sécurité et ergonomie, bref avec le confort dû à tout travailleur, même paysan... le système d’attelage rapide par triangle peut-être qualifié d’incontournable.

MAIS

AVEC la bascule, ex «appendice Pigneret», c’est encore super bien mieux…

"appendice Pigneret" originel...

C’est en effet au millénaire précédent, sous l’amicale pression de Roger Raffin, technicien maraîchage très éclairé de l’époque, que les Biaux Jardiniers ont été sensibilisés au confort du triangle d’attelage rapide. Et depuis, pas de problème… ça marche : confort et gain de temps sont toujours au rendez-vous !

L’attelage classique…

L’attelage 3 points classique (à broches) est en effet très fastidieux. Il est le plus souvent long, générateur de risque d’accident autant que de travail en position torturante. Ce système mécanique n’est de plus pas du tout adapté au maraîchage diversifié, tel que pratiqué par exemple sur notre Biau Jardin, pour une raison supplémentaire, agronomique celle-ci : pour être correctement fait, le travail au jardin demande fréquemment l’utilisation de plusieurs outils différents chaque jour ; et chacun pour des utilisations assez courtes, voire TRÈS courtes. Et rares sont les petits maraîchers diversifiés à disposer de plusieurs tracteurs. Il n’est donc pas rare de devoir changer 4, 6 voire 8/10 fois d’outillage dans la même journée. Voire plus ! Alors… le fastideux se multiplie…

Et quand il faut, pour chaque outil, marier 3 pitons dans 3 perçages - qui tombent rarement parfaitement en face - à chaque attelage d’outil, puis une fois le premier travail effectué,  belote au dételage, puis, rebelote à l’utlisation de l’outil suivant… GALÈRE … (ici, le langage imagé du capitaine Haddock !)

L’attelage par triangle.

La solution est donc dans UN AUTRE SYSTÈME : le système d’attelage rapide par triangle, proposé dans le commerce depuis le millénaire précédent, voire à cette époque installé en montage d’origine sur les machines agricoles suisses, mais peu répandu en France.

Le système triangle est SIMPLE COMME LA VIE : l’assemblage d’un triangle mâle et d’un triangle un femelle… interdit de sourire !

Un triangle mâle.

Le triangle mâle est installé UNE FOIS POUR TOUTES au tracteur.

Le fabricant du système en expliquait la conception et ses avantages dans un document quadragénaire illustré, retrouvé dans les archives des Biaux Jardiniers de Grannod (on peut cliquer dessus pour l’agrandir).

cliquer pour agrandir !

C’est tellement facile, simple d’usage, que pour convaincre la clientèle potentielle qu’atteler des outils une fois le tracteur équipé en triangle est à la portée de vraiment «n’importe qui», les communicants de l’époque n’avaient pas hésité à utiliser… des photos féminisées… (particulièrement rare dans une pub de mécanique, en tout cas avec un modèle à peu près habillé…).

Un triangle femelle.

«De l’autre côté», chaque outil à atteler doit être équipé de son triangle femelle construit en basique UPN de 80, prix livré moins de 40 euros. Ne reste qu’à le souder.

Et quand, muni de son triangle mâle, le tracteur approche d’un outil équipé du triangle femelle, l’attelage devient un jeu d’enfant. Même plus besoin d’être complètement en face ! Même plus besoin de descendre du tracteur ! BONHEUR et SÉRÉNITÉ

Un 3ème point hydraulique.

Chacun comprendra aisément, du moins toute personne qui a dû atteler un outil sur un tracteur, que l’usage d’un troisème point hydraulique (précison, souplesse, adaptabilité rapide) est incontournable pour bénéficier de tous les avantages de l’attelage par triangle rapide. Mais la barre de poussée hydraulique du troisième point est de fait quasi indispensable

La bascule !

L’indispensable bascule !!

Donc, l’attelage par triangle, c’est bonheur et sérénnité. MAIS… car il y a un «mais»… en installant le triangle mâle à demeure sur le tracteur, on supprime ipso facto la possibilité que tracteur et outil puissent s’articuler quand ils ne travaillent pas dans le même plan. Alors que c’est possible en attelage classique par piton  :

  1. en attelant la barre de poussée sur l’outil dans une lumière (oblongue) plutôt que dans un perçage (rond)
  2. en rechangeant en cas de besoin en fonction des outils.

Alors avec le triangle, plus d’articulation possible ? Rigidité obligatoire ? Certains outils qui demandent à pouvoir s’articuler par rapport au tracteur pendant le travail deviendraient donc inutilisables ? Pas possible !

Une «solution» (?)

consiste à monter le triangle femelle de l’outil de manière articulée, ce qui revient à articuler l’outil lui-même. Solution réalisée lors des stages de formation organisés par Adabio Auto-Construction (devenu ensuite Atelier Paysan) lors de ses premières années d’existence. Solution d’une grande intelligence mécanique, et très formatrice en stage, mais parfaitement illogique : il faut concevoir, financer et réaliser un système complexe d’articulation en plusieurs points… et pour CHAQUE outil !!!

Dans bien des cas, l'outil doit pouvoir travailler dans un autre plan que celui du tracteur

C’est ce que, devant la complexité du système et la nécessité de le multiplier par autant d’outils, certains des cofondateurs de l’Atelier Paysan s’étaient amusés à baptiser, «les montages pervers de Joseph» (qui a bien heureusement de l’humour).

LA solution de terrain,

en fait, c’était tout simplement ce que les Biaux Jardiniers pratiquaient depuis l’époque de la conversion de tout leur parc de matériel au système triangle…

Appendice début millénaire

une pièce basculante, mais installée à demeure entre le tracteur et son triangle mâle. Donc une seule petite pièce toute simplette par tracteur, au lieu d’un «montage pervers» pour chacun des outils de la ferme.

"Appendice Pigneret" ou "Bascule version 0.0"

C’est ce que, devant la simplicité «biblique» et l’évidence du système, certains des cofondateurs (surpris ?) d’Adabio AutoConstruction (le futur Atelier Paysan) s’étaient amusés à baptiser «l’appendice Pigneret» (qui a bien heureusement de l’humour). Appendice bricolé-merdouilloux évidemment, puisque «Pigneret» et qui, non moins évidemment, au fil des ans, remplissait toujours fort bien son usage :

Appendice mettant le triangle en position flottante

Appendice position poussée

Blocage de bascule.

Cet appendice, puisque articulé, offre «pour le même prix» l’avantage de ne pas avoir besoin de modifier le point de fixation du bras de poussée quand on souhaite le bloquer en position NON flottante : il suffit d’immobiliser l’ensemble avec juste une deuxième broche ! (ici, installée dans le trou du haut)

Appendice fixé par une deuxième broche

Et si on préfère ne pas s’em…bêter inutilement au boulot (et en tout cas chaque fois que c’est faisable facilement…), il suffit de ranger la broche à portée d’usage… et donc de main. C’est pourquoi le Biau Jardinier avait prévu le bricolage  d’un rangement de la broche d’immobilisation de «l’appendice Pigneret» près du troisième point, agrémenté d’un système pratique pour éviter de la perdre en route quand on ne s’en sert pas.

Quelques années - et pas de mots - plus tard, ce système basculant fût enfin adopté par l’Atelier Paysan. L’outil a évidemment été amélioré en dimensionnement et universalité d’emploi par les techniciens salariés de la structure. Médiatiquement amélioré aussi, évidemment, et un nom plus vendeur lui fut bien logiquement trouvé : la bascule.

L’appendice Pigneret 0.0 (double zéro) est donc ainsi devenu la bascule 1.1.

Un plan a été publié sur le site de l’Atelier Paysan pour diffusion :

Et tout çà a bien simplifié les plans et donc la réalisation des outils proposés ensuite en stage : la structure du vibroplanche devenait enfin rationelle ! (et probablement plus durable)

L'utilisation de la bascule sur le triangle permet de simplifier la conception des outils qui y sont attelés

Vidéo de la bascule

Adabio Auto-construction avait tourné une vidéo lors d’une des formations qu’elle organisait à l’époque au Biau Jardin de Grannod. Elle est «brut de décoffrage».

Avantages du système.

Gain de temps.

Parce qu’il aime comprendre ce qu’il vit et évite de parler sans preuve, et aussi comme il souhaitait convaincre les septiques… (car ils ne manquaient pas !) le Biau Jardinier enregistrait le temps d’usage de chacun des outils sur sa ferme. Il avait estimé le gain de temps apporté par le système d’attelage rapide par triangle. Des affirmations approximatives - donc pouvant induire en erreur des oreilles peu averties - commençant à circuler, il avait plus tard pris le temps d’écrire pour publication sur le site de Adabio Auto Construction devenue l’Atelier Paysan un petit compte rendu, on peut le télécharger facilement  ICI

Ergonomie et sécurité.

Avec l’attelage rapide par triangle, plus de risque d’accident, coincé entre tracteur et outil, plus de position acrobatique pour accéder aux pitons, plus d’effort humain (et cependant inhumain) face à du matériel lourd, etc…  Attelage comme dételage, le plus souvent, on reste sur le siège ! Bien sûr, à moins d’avoir les gros moyens permettant de s’équiper de triangles complètement automatiques (lien) et  (lien), il reste la prise de force ou l’hydraulique à descendre raccorder. Cela n’est ni le plus pénible ni le plus dangereux, ni le plus long, et cela permet de se rappeler le «bon» vieux temps masochiste, où on descendait se brutaliser pour mettre les broches !

Mais gare à ne pas y prendre trop goût… il faut se souvenir en temps utile qu’il reste cependant impératif, quand on dételle l’outil concerné, de penser… à débrancher manuellement prise de force et / ou hydraulique !!!! avant de se précipiter vers un autre travail…

Gain d’agronomie.

L’attelage ainsi rendu facile, on ne recule plus devant. Avec l’attelage par broches, le travailleur a tendance à regrouper les travaux avec chaque outil pour limiter les pénibles opérations d’attelage / dételage ; donc à remettre un petit travail à quand il y en aura plusieurs autres du même type à faire…quitte à prendre le risque de laisser passer le bon moment. Alors qu’avec le triangle, on n’hésite plus à atteler l’outil nécessaire au moment donné. Une fois le travail réalisé au  bon moment, on comprend qu’on a gagné en qualité de travail. Donc en efficacité maraîchère.

Gain de place.

Atteler les outils quand on est en système triangle est tellement rapide que çà en devient un vrai plaisir… au point qu’on peut systématiser le rangement des outils les uns devant les autres : quel gain de place ! On peut alors abriter sans peine beaucoup plus d’outils sous la même surface de bâtiment : quelle économie !

Attelage confortable = gain de place au rangement.

Son usage.

chantier en cours… patience !

Conversion au triangle.

Adapter tout son parc de matériel peut être long et aventureux si on s’y prend seul. Adabio Auto-Construction avait organisé en 2012 des chantiers collectifs amicaux pour aider ceux de ses premiers administrateurs ayant lancé l’aventure de l’auto-construction et qui n’avaient toujours pas équipé en triangle leur parc de matériel. Cela avait donné lieu à quelques journées aussi studieuses que conviviales pour aider quelques jeunes pleins d’avenir : Cyril dans l’Ain, ou bien Adrien en Isère.

Maintenant société coopérative, l’Atelier Paysan continue de proposer son appui par la vente de formations / chantiers de groupes à la ferme avec cette activité modification des matériels en attelage triangle comme support d’apprentissage lors de formations finançables. La SCIC SARL prend en charge la préparation des modifications d’après les photos des outils envoyées par le paysan, l’organisation du chantier, la fourniture du matériel pour travailler, la commande des pièces nécessaires, etc…. et un devis chiffre le coût total de l’opération.  Au paysan concerné de mobiliser ses collègues pour participer à l’apprentissage de la soudure dans le cadre d’une formation «à la carte» et «à la ferme».

Ce système a

  • l’inconvénient d’un coût réel… et
  • l’avantage d’une rapidité et d’un confort réels…

Et pour rendre le coup de main en entraide fournis par les uns, d’autres chantiers peuvent en retour se mettre ensuite en place chez d’autres participants à la première opération. Charge au paysan accueillant de prévoir aussi les nécessaires pauses collectives réparatrices avec solides et liquides…

Alors Ya Ka !

Butteuse à planches

Ses intérêts :

Rapidité.

Cet outil permet de créer rapidement une planche de culture surélevée, et de la hauteur désirée.

Reprise de planches en engrais vert en sortie d'hiver

Pas de charrue.

​Il remplace avantageusement la charrue pour l’enfouissement des déchets de cultures et des engrais verts, avec évidemment l’avantage de ne pas déplacer la terre des planches. Il permet d’exposer le sol au gel en cas de besoin. On peut aussi façonner les planches avec plus de «bombé» de telle façon qu’elles réssuient mieux en période pluvieuse.

Reprise facile.

La butteuse permet aussi, après une culture, de remonter une planche aplanie par les passages d’outils à dents type herse étrille, bineuse, voire celui de l’arracheuse.

Derrière la récolte de l'oignon, la butteuse remonte la planche avant semis d'engrais vert

Belle forme de planche.

Ce modèle de butteuse à 3 paires de disques a été préféré pour limiter la profondeur de travail tout en permettant le façonnage d’une butte, relativement applanie, de possiblement 40cm de hauteur.

3 paires de disque, avec ou sans un buttoir central

Les disques ainsi répartis couvrent facilement toute la surface d’une planche.

Incorporation.

Les matières organiques (destruction d’engrais verts ou d’adventices) sont enfouies dans le volume de la butte, permettant une dégradation optimale (aération), contrairement à un enfouissement en fond de labour. Des conditions trop sèches peuvent par contre être un handicap pour l’évolution de la matière organique, mais ce n’est pas dû à «l’outil-butteuse» en tant que tel, mais à la situation de la ferme, et les maraîchers, pour être pérennes, ont de bonnes conditions d’arrosage.

Un outil complet.

La butte ET l’allée.

Les modèles de butteuse à asperges du marché ont été adaptés pour répondre aux exigences du travail en planches permanentes. Ont ainsi été rajoutés :

  • des pattes d’oie sur dent double spires pour le binage superficiel des allées permanentes, des roues de jauge pour le contrôle sécurisé de la profondeur,
  • un buttoir central pour la reprise de buttes déjà formées 
  • et bien sûr un triangle d’attelage rapide, type Accord, pour faciliter l’accrochage et le décrochage de l’outil.

Si on a pris soin d’installer à demeure une «bascule» (LIEN) sur son attelage de triangle rapide coté tracteur et qu’on la laisse libre, tout est en place sans autre bricolage pour faciliter la conduite en début et fin de planche.

Économie.

La butteuse ainsi équipée permet des économies de temps et de matière appréciables par rapport à une charrue à deux ou trois socs, encore souvent utilisée en maraîchage. En effet, la butteuse ​travaille une largeur de 1,80m à une vitesse de 3 ou 4 km/heure. Les disques, puisqu’ils tournent, s’usent beaucoup moins par frottement que les pièces fixes d’une charrue, d’où un coût d’entretien beaucoup plus faible.

Travail individualisé.

Et bIen sûr,  dès qu’une seule planche est libérée en milieu de parcelle, celle-ci peut être buttée sans gêne pour ses voisines, 

ce qui facilitera la maîtrise de l’enherbement éventuel, la mise en place d’une autre culture, ou l’implantation d’un engrais vert qui pourra se développer sans attendre que les autres planches voisines se libèrent.

Gros gain de temps… comme d’organisation et de fertilité.

Ses limites :

Broyage recommandé.

Il est bien sûr nécessaire d’effectuer un broyage avant le passage de la butteuse afin de faciliter l’incorporation des végétaux par les disques. Mais très rares sont les outils non rotatifs qui peuvent s’en passer par système.

Bourrage éventuel.

Le buttoir central peut parfois provoquer le bourrage, en présence de beaucoup de matière, ou de matière peu broyée, ou en cas de transformation de la planche en butte haute. En fonction de la conformation des bras de relevage du tracteur, il peut être possible de déplacer un peu ce buttoir pour y remédier.

Risques en dévers.

La conduite de l’outil est délicate, surtout en situation de dévers. Les roues de jauge réduisent beaucoup ce problème en maintenant une symétrie dans la profondeur de travail entre les deux cotés de l’outil. Mais bien évidemment, il faut aussi, quand le cas se présente (travailler un ensemble de planches) procéder non pas au fur et à mesure en passant de l’une à sa voisine, mais en alternant pour ne pas créer soi-même un dévers !

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Cultibutte

Un outil adapté économique.

Le cultibutte a été baptisé ainsi car les principaux organes de travail sont des socs «pattes d’oie» montés sur des dents de cultivateur. Cinq dents «queue de cochon» double spire sont prévuves d’origine.

le cultibutte version 2010 / 2011 adabio autoconstruction

Trois travaux en un passage.

Disques d’allée.

Une paire des disques remonte la terre superficielle de l’allée, en même temps qu’elle effectue un petit travail très superficiel de désherbage. Ces disques d’allée sont montés sur un chassis articulé. Travailler la planche plus ou moins en profondeur ne changera donc pas la façon de travailler les allées. La profondeur de travail des disques d’allée est réglée une fois pour toutes par l’ajout d’une petite cale, qui sert de pièce d’usure, sur la butée de profondeur.

Ameublissement à dents.

Le travail de structuration / ameublissement de la planche de culture est réalisé par les cinq dents ressort double spire, munies de petits socs à ailettes. Évidemment, ce type de dents ne permet pas l’incorporation d’une grosse masse de végétaux, type engrais vert. Mais cela n’est pas vraiment sa vocation : c’est la butteuse qui est là pour çà ! Par contre, l’évolution dans le sol des matières organiques précédemment incorporées par la butteuse s’en trouve facilitée car on obtient un milieu aéré et à l’humidité bien drainée.

Finition de planche.

En fin de travail, une herse à dents vibrantes gère nivelage et finition. Sur ses cotés sont fixées des flasques qui maintiennent le bord de la planche travaillée. Cette herse articulée est réglable hydrauliquement. 

Le cultibutte : 3 travaux en 1 passage

En pratique.

Reprises et réglages.

Le cultibutte permet la reprise d’une planche déja «montée» par un passage de butteuse.

La profondeur de travail des dents double spire peut se régler de 0 à 30 cm par rapport au niveau des allées permanentes. Le réglage s’effectue facilement en ajustant la hauteur des roues de jauge prévues à cet effet.

Chez la plupart des maraîchers en planche permanente, ce réglage est fait à maximum 10 cm en dessous du niveau des allées : dans une terre préservée du tassement comme ce peut être le cas en planche permanente, le décompactage en profondeur n’est plus indispensable. Cela peut même être nocif dans certains cas. Les résultats des cultures et des profils de sols confirment ce point de vue.

Nous nous sommes rapidement rendu compte que l’efficacité du profil du soc et de celle de l’action vibrante des dents ressort  avaient tendance, dans nos sols, à «en faire trop». Il nous a semblé que :

  • le travail de cinq dents avait tendance à déstructurer le profil de la planche de culture
  • le positionnement des dents de bordure avait tendance à fragiliser l’allée permanente.

Nous avons donc supprimé deux des dents, et écarté un petit peu plus les trois conservées tout en éloignant les deux extérieures un peu plus du bord de la planche.

Économie.

Diminution du nombre de dents, de la profondeur de travail… ce respect du sol apporte en plus bien des économies : d’usure de matériel, d’énergie (faible consommation du tracteur ), de temps de tracteur (par la vitesse de travail permise de 2 à plus de 4 km / heure). Le rendement de chantier est multipié par 5 à 10 comparativement à la bêcheuse alternative).

Agronomie.

Le travail au cultibutte est agronomique car la structure du sol n’est pas brisée violemment et artificiellement (comme avec les rotatifs), ce qui limite les phénomènes de battance et les risques de reprise en masse. Sans parler de l’état de la faune du sol quand elle est brutalement malaxée par de la ferraille animée…

Précautions.

En fin, plus généralement et à long terme, l’usage du cultibutte impose d’alterner systématiquement le sens de travail des planches, pour ne pas tirer la terre toujours dans le même sens ;  les bouts de planche sont ainsi mieux travaillés. Mais c’est une précaution valable avec tous les outils à dents ou à disques, et souvent avec certains rotatifs aussi.

Pistes d’amélioration.

Socs scalpeurs.

Avec des socs appropriés  (plus larges) et un réglage modifié (très superficiel) le cultibutte peut faire un travail de déchaumeur (pour «casser» un engrais vert), ou de sarcleuse (pour détruire une levée d’herbe trop avancée pour être reprise au vibroplanche). Ces utilisations possibles sont une raison supplémentaire de choisir dès le départ le système de fixation rapide des socs sur les dents : un investissement qui peut sembler à première vue «luxueux»… mais seulement tant qu’on n’en a pas eu besoin ! et que l’on regrette de ne pas avoir fait dès qu’on s’est trouvé dans l’obligation de changer de socs ! Raison supplémentaire aussi de posséder 2 dents de plus pour travailler en surface  (car on en utilise souvent deux de moins pour travailler en profondeur - avec des socs étroit - ).

Souplesse d’utilisation.

Il est très intéressant aussi parfois de pouvoir utiliser le cultibutte sans la herse. C’est ce point qui a été beaucoup travaillé par nos collègues Québécois qui ont fait franchir au cultibutte un pas décisif dans son évolution en modifiant le bâti arrière d’origine. Alors que dans la version originelle du cultibutte la herse est fixée par des boulons à l’ossature qui en permet le relevage, leur idée a été de remplacer ce système «définitif» par un second attelage par triangle : le bâti de finition devient ainsi amovible.

photo Atelier Paysan

Par choix de rationalisation (économie de matière, de poids), l’Atelier Paysan propose dans ses stages de construire ce deuxième triangle avec du carré plutôt que d’installer un triangle mâle du commerce, lourd, trop à cet endroit en porte à faux.

Une amélioration : un triangle d'attelage automatique pourutiliser ( ou non) l'outil de finition de son choix

Ce triangle reste bien  sûr commandé par le vérin d’origine qui réglait la herse niveleuse. Ainsi modifié, le cultibutte peut donc être complété par tout bâti qui convient. 

Rouleaux combinés.

Il peut être très intéressant de pouvoir remplacer la herse (qui par système, a tendance à ratisser les éléments végétaux et les accumuler en bout de planche) par un rouleau (adapté à ses propres conditions : la gamme est vaste !) dans le but d’éviter les bourrages (de terre, de résidus de récolte, de fumier, etc…). Ces bâtis de finition interchangeables, permettent de mieux s’adapter aux différentes situations rencontrées ; et grâce au triangle, il devient même possible de les utiliser seuls si besoin. Les possibilités sont multiples ! Chacun adapte les vieux outils locaux traditionnels qui conviennent à son sol, ecux qu’il bricole car ils conviennent bien à sa façon de travailler.  Des cas d’adaptation sont sur le site de l’Atelier Paysan.

Nos bâtis autonomes.

Les Biaux Jardiniers utilisent principalement deux bricolages :

Double rouleau de vibro.

La récupération de rouleaux «classiques», c’est à dire dont la partie travaillante est composée de fer plat crénelé, qui fait un gros travail de mélange et aération superficielle.

Rouleaux vibro pour finition du cultibutte

Au point que dans cette configuration de bogie vibro, plus agressif que la herse, on peut souvent planter directement derrière le passage de cultibutte, sans autre travail de finition. Ou bien réaliser ce seul passage dans les cas où il est sage de s’en contenter : ici en reprise rapide, à l’annonce de pluies, de planches butées pour l’incorporation de l’engrais vert pluriannuel avant de semer un petit engrais vert hivernant de protection, avant légumes de printemps.

Et dans certains cas de reprise après une récolte de légume, si les résidus végétaux ne sont pas trop abondants, la combinaison cultibutte + rouleau de vibro double donne une finition suffisante pour semer un engrais vert. Avec l’avantage d’éliminer à peu près tout risque de bourrage.

Reprise en un seul passage de planches après récolte de raids et navets d'hiver

On peut aussi en cas de besoin, grâce au système de double attelage triangle lancé par les Québécois,  utiliser le bogie seul.

Bêches roulantes.

Les Biaux Jardiniers, pour leur part, sont, en tant que bressans, depuis bien longtemps utilisateurs de la houe, outil autrefois très répandu en Bresse. Et souvent appelé «train de bêches roulantes».

Dominique Soltner

Ils ont donc récupéré quelques éléments sur un de ces anciens outils restant dans le stock de minerai,  pour en faire un rouleau combinable à leur cultibutte de la première génération, lors de la remise à niveau en stage auto-construction idoine.

La houe à bêches, vieil outil qui va peut-être revenir au goût du jour

Ce rouleau peut évidemment lui aussi s’utiliser seul, ce qui est bien pratique - et suffisant - pour par exemple reprendre une planche derrière un passage de cultibutte victime d’un orage ou pour la destruction d’une levée d’adventices en cours (au stade filament blanc, ce stade idéal pour intervenir vite et bien!)

Train de bêches seul en reprise de terre qui croûte"

Les Biaux Jardiniers avaient amené leur montage avec les bêches roulantes lors des journées 2016 de l’Atelier Paysan près de Cluny. On trouvera photos, infos et détails sur l’utilisation, traditionnelle comme contemporaine, de la «houe», ou «train de bêches roulantes» dans cet article complet.

Vibroplanche

Un outil adapté.

Deux modèles de vibroplanche :  doigt droit et rouleau plein, patte d'oie et rouleau crénelé

Le vibroplanche est, comme son nom l’indique on ne peut plus clairement, un vibroculteur conçu pour travailler en planche permanente.

Un outil poly-articulé.

Comme le cultibutte, le vibroplanche est principalement constitué de 4 parties qui en font 3 travaillant chacune indépendamment des deux autres :

  • le bâti travaillant la planche est classiquement équipé de socs (pattes d’oie, doigts courbes ou droits, etc…) montés sur des dents souples (courbes ou droites)

  • un ensemble d’entretien de l’allée : de chaque coté, un système de parallélogramme articulé permet de faire travailler un disque qui remonte la terre superficielle de l’allée, une ou deux dents de binage d’allées qui sont fixées sur une flasque empêchant la terre fine de la planche de redescendre dans l’allée. C’est la longueur de la flasque qui joue le rôle de butée de profondeur. Un système de réglage de hauteur des dents d’entretien des allées permet de faire face à quasi toutes les éventualités. L’allée sera travaillée à la faible profondeur choisie, indépendamment de la profondeur choisie pour la planche de culture elle-même.

  • une herse à dents vibrantes pour la finition de la planche est montée solidaire de ces flasques. La profondeur de travail de la herse est donc indépendante du réglage des dents qui affinent la planche elle-meme : elle déterminé par le choix de hauteur de planche.
  • en fin, un rouleau (à barres rondes ou plates, plein, grillagé, etc…). Plus ou moins agressif, il complète la finition de surface.

Plusieurs choix de rouleau.

Avec un rouleau de barres plates, il affine

 

Vibroplanche avec rouleau crénelé agressif

Avec un rouleau plein, il assure le rappui de la terre de la planche.

Le rouleau plein permet de favoriser la levée des graines présentes

Dans tous les cas, il participe au réglage aisé de la profondeur de travail des dents de vibro grâce à son vérin hydraulique (la sécurisation est assurée par la lumière de fixation).

Un travail doux.

La vocation du vibroplanche est de remplacer les outils rotatifs pour la préparation du lit de semence. Il y réussit le plus souvent très bien. Et beaucoup plus rapidement : sa vitesse de travail est alors de 2 ou 3 km/heure. Là encore, cet outil se distingue des rotatifs par sa sobriété: les dents s’usent bien moins vite que les lames d’un outil rotatif, le tracteur consomme beaucoup moins qu’avec un outil entrainé par la prise de force, le paysan gagne du temps en restant moins longtemps sur un tracteur qui travaille beaucoup plus vite.

​De plus, le vibroplanche est très utile pour la maitrise de l’herbe sur les planches en attente de culture, la destruction de faux semis. Dans ce cas, le travail encore plus superficiel peut se faire à 5 ou 6 km/heure.

​La destruction d’un engrais vert jeune est tout à fait possible (on peut éviter le bourrage en remplaçant les dents d’étrille par des outils roulants non animés). L’enfouissement est alors effectué par un passage de butteuse.

Les diverses lumières sur les éléments de liaison et les articulations facilitent les réglages selon les travaux à effectuer ; la conduite de l’outil est  confortable.

Limites.

Comme pour le vibro «à plat», la limite est dans les risques de bourrage : les dents de vibro, comme les dents d’étrille, traînent les végétaux trop grands. Il faut donc broyer soigneusement avant d’utiliser le vibroplanche. Mais la vocation du vibroplanche, comme des classiques vibroculteurs, n’est pas l’incorporation des engrais verts, en général. Mieux vaut enfouir correctement les engrais verts par un passage final de butteuse et laisser le temps aux micro-organismes de digérer cette matière végétale.

Le vibroplanche sera à son affaire pour préparer un bon lit de semence. Et là est une de ses limites aussi : la tentation est forte de faire travailler l’outil trop en profondeur ( çà va tellement bien… ! ). Mais un affinement excessif sur 12/20 cm n’apportera que des inconvénients. Cela n’est pas propre au vibroplanche : on peut tout aussi bien faire du mauvais travail, déstructurant la couche superficielle, avec un vibro classique !

Adaptations possibles.

​En fonction des terres travaillées, des objectifs recherchés, et des vieilleries métalliquesque le paysan peut prendre le temps de trouver à bas prix «dans les tas d’ortie» riches de vieux outils abandonnés dans la campagne environnante,  différents rouleaux de finition peuvent être adaptés,

  • soit à la place,
  • soit derrière

la herse étrille. Les  manuels d’agriculture (dont ceux de Dominique Soltner) en présentent un bel inventaire. Ne reste plus qu’à mettre l’imagination (et l’auto-construction) au pouvoir !!!

Choix de dent et soc.

Les dents coudées «classiques» avec socs patte d’oie peuvent être remplacées par des dents droites (type efface trace de semoir) dont la partie travaillante (surtout si elle est droite) remonte moins la terre et les graines d’adventices.

Choix de rouleau.

Doigts sur dents droites et rouleau plein

La destruction d’une levée d’herbe n’en sera donc que plus efficace, surtout si on utilise un rouleau lisse : les graines inévitablement remises en germination lèveront mieux grâce à un bon contact terre/graine, et le semis de l’engrais vert qui suivra, avec son passage de herse étrille pour le recouvrir, garantira une culture très propre.

Dernier faux semis avant semis d'engrais vert.