Cultibutte

Un outil adapté économique

Le cultibutte a été baptisé ainsi car les principaux organes de travail sont des socs «pattes d’oie» montés sur des dents de cultivateur. Cinq dents «queue de cochon» double spire sont prévuves d’origine.

le cultibutte version 2010 / 2011 adabio autoconstruction

Une paire des disques remonte la terre superficielle de l’allée, en même temps qu’elle effectue un petit travail très superficiel de désherbage. Ces disques d’allée sont montés sur un chassis articulé. Travailler la planche plus ou moins en profondeur ne changera donc pas la façon de travailler les allées. La profondeur de travail des disques d’allée est réglée une fois pour toutes par l’ajout d’une petite cale, qui sert de pièce d’usure, sur la butée de profondeur. En fin, une herse à dents vibrantes gère nivelage et finition. Sur ses cotés sont fixées des flasques qui maintiennent le bord de la planche travaillée. Cette herse articulée est réglable hydrauliquement. 

Le cultibutte : 3 travaux en 1 passage

Le cultibutte permet la reprise d’une planche déja «montée» par un passage de butteuse.

Évidemment, ce type de dents ne permet pas l’incorporation d’une grosse masse de végétaux, type engrais vert. Mais cela n’est pas vraiment sa vocation : la butteuse est là pour çà ! Par contre, l’évolution dans le sol des matières organiques précédemment incorporées par la butteuse s’en trouve facilitée car on obtient un milieu aéré et à l’humidité bien drainée.

La profondeur de travail peut se régler de 0 à 30 cm par rapport au niveau des allées permanentes. Le réglage s’effectue facilement en ajustant la hauteur de travail des roues de jauge prévues à cet effet.

Chez la plupart des maraîchers en planche permanente, ce réglage est fait à maximum 10 cm en dessous du niveau des allées : dans une terre préservée du tassement comme ce peut être le cas en planche permanente, le décompactage en profondeur n’est plus indispensable. Cela peut même être nocif dans certains cas. Les résultats des cultures et des profils de sols le prouvent. Diminution du nombre de dents, de la profondeur de travail… ce respect du sol apporte en plus bien des économies : d’usure de matériel, d’énergie ( faible consommation du tracteur ), de temps de tracteur (par la vitesse de travail permise de 2 à plus de 4 km / heure). Le rendement de chantier est multipié par 4 à 6 comparativement à la bêcheuse alternative). Et le résultat est meilleur car la structure du sol n’est pas brisée violemment et artificiellement, ce qui limite les phénomènes de battance et les risques de reprise en masse. Sans parler de l’état de la faune du sol quand elle est brutalement malaxée par de la ferraille animée…

En fin, plus généralement et à long terme, l’usage du cultibutte impose d’alterner systématiquement le sens de travail des planches, pour ne pas tirer la terre toujours dans le même sens ;  les bouts de planche sont ainsi mieux travaillés. Mais c’est une précaution valable avec tous les outils à dents ou à disques, et souvent avec les rotatifs aussi.

Pistes d’amélioration.

Socs scalpeurs

Avec des socs appropriés  (plus larges) et un réglage modifié (plus superficiel) le cultibutte peut faire un travail de déchaumeur (pour «casser» un engrais vert), ou de sarcleuse (pour détruire une levée d’herbe trop avancée pour être reprise au vibroplanche). Ces utilisations possibles sont une raison supplémentaire de choisir dès le départ le système de fixation rapide des socs sur les dents : un investissement qui peut sembler à première vue «luxueux»… mais seulement tant qu’on n’en a pas eu besoin ! et que l’on regrette de ne pas avoir fait dès qu’on s’est trouvé dans l’obligation de changer de socs ! Raison supplémentaire aussi de posséder 2 dents de plus pour travailler en surface  (car on utilise souvent deux de moins pour travailler en profondeur).

Souplesse et rouleaux combinés

Il peut être très intéressant de pouvoir remplacer la herse (qui par système, a tendance à ratisser les éléments végétaux et les accumuler en bout de plkanche) par un rouleau (adapté à ses propres conditions, la gamme est vaste !) dans le but d’éviter les bourrages (de terre, de résidus de récolte, de fumier, etc…). Il serait très intéressant aussi parfois de pouvoir utiliser le cultibutte sans la herse. C’est ce point qui a été beaucoup travaillé par nos collègues Québécois qui ont fait franchir au cultibutte un pas décisif dans son évolution  en modifiant le bâti arrière d’origine. Alors que dans la version originelle du cultibutte la herse est fixée par des boulons à l’ossature qui en permet le relevage, l’idée est de remplacer ce système «définitif» par un second attelage par triangle : le bâti de finition devient ainsi amovible.

photo Atelier Paysan

Par choix de rationalisation (économie de matière, de poids), l’Atelier Paysan propose dans ses stages de construire ce deuxième triangle  avec du carré plutôt que d’installer un triangle mâle du commerce, lourd, trop à cet endroit en porte à faux.

Une amélioration : un triangle d'attelage automatique pourutiliser ( ou non) l'outil de finition de son choix

Ce triangle reste bien  sûr commandé par le vérin d’origine qui réglait la herse niveleuse.

Ainsi modifié, le cultibutte peut donc être complété par tout bâti qui convient. Ces bâtis de finition interchangeables, permettent de mieux s’adapter aux différentes situations rencontrées ; et grâce au triangle, il devient possible de les utiliser seuls si besoin. Les possibilités sont multiples! Chacun adapte les vieux outils locaux qui conviennent à son sol et à sa façon de travailler.  Des cas d’adaptation sont sur le site de l’Atelier Paysan.

Les Biaux Jardiniers utilisent principalement deux bricolages :

Double rouleau de vibro

Rouleaux vibro pour finition du cultibutte

Dans cette configuration de bogie vibro, plus agressif que la herse, on peut souvent planter directement, sans autre travail de finition. Ou bien réaliser ce seul passage dans les cas où il est sage de s’en contenter : ici en reprise rapide, à l’annonce de pluies, de planches butées pour l’incorporation de l’engrais vert pluriannuel avant de semer un petit engrais vert hivernant de protection, avant légumes de printemps.

Et dans certains cas de reprise après une récolte de légume, si les résidus végétaux ne sont pas trop abondants, la combinaison cultibutte + rouleau de vibro double donne une finition suffisante pour semer un engrais vert. Avec l’avantage d’éliminer à peu près tout risque de bourrage.

Reprise en un seul passage de planches après récolte de raids et navets d'hiver
Bêches roulantes

Les Biaux Jardiniers, pour leur part, sont, en temps que bressans, depuis longtemps utilisateurs de la houe, outil autrefois très répandu en Bresse. Et souvent appelé «train de bêches roulantes».

Dominique Soltner

Ils ont donc récupéré quelques éléments sur un de ces anciens outils restant dans le stock de minerai,  pour en faire un rouleau combinable à leur cultibutte de la première génération, lors de la remise à niveau en stage auto-construction idoine (LIEN vers détails sur cet outil).

La houe à bêches, vieil outil qui va peut-être revenir au goût du jour

Ce rouleau peut évidemment lui aussi s’utiliser seul, ce qui est bien pratique - et suffisant - pour par exemple reprendre une planche derrière un passage de cultibutte victime d’un orage ou pour la destruction d’une levée d’adventices en cours (au stade filament blanc, ce stade idéal pour intervenir vite et bien!)

Train de bêches seul en reprise de terre qui croûte"

D’autres photos et infos sur ces modifs, ainsi que des détails sur l’utilisation traditionnelle de la «houe», ou «train de bêches roulantes»  sont dispos ICI.