Auto-construction, réparation et chantiers.

Activités atelier aussi, cette semaine : un petit maraîcher bio diversifié doit aimer la polyvalence… et ne pas craindre les imprévus. Le timon de la remorque à salade a eu quelque faiblesse,

il faut lui reconnaître d’avoir déja accompagné la carrière complète de Rémy, maraîcher sornayou. Alors…

Traîne-fesses planteur.

Et puis le Biau Jardinier s’est aussi lancé dans un chantier qui lui tient à coeur : la construction d’une planteuse inspirée des modèles rencontrés lors du voyage professionnel au Québec de 2016 : des machines très simples et performantes car bien adaptés aux petits maraîchers diversifiés. Il n’a pour l’instant pas été possible de réaliser une action collective pour une importation groupée de quelques exemplaires, adaptés à chacun, de cet outil. Plus tard ???

Donc après réflexion, discussions et recherche dans le tas de vieille ferraille, le Biau Jardinier a choisi dans un premier temps d’acheter (neuf ! quelques euros) un bon petit siège genre tracteur-tondeuse à dossier assez bas pour garantir toute liberté de mouvement parce que c’est bien connu : le principal, dans le travail humain de plantation à la machine, c’est le confort de la paire de fesses ! Le Biau jardinier a, dans le même souci des conditions de travail, monté le confortable siège sur des supports assez longs pour y fixer une petite caisse pour la bouteille d’eau et 1 ou 2 bricoles persos.

Un siège confortable pour le traîne fesses planteur en cours d'autoconstruction.

Le tout prévu pour être orientable.

Autoconstruction d'un traîne-fesses planteur adapté au petit maraîcher bio diversifié.

Le grand luxe… Il faut reconnaître que ce qu’était au départ et qui restait comme siège d’un ancien traîne-fesses planteur n’était pas trop engageant.

Autoconstruction d'un traîne-fesses planteur adapté au petit maraîcher bio diversifié.

Et pour construire l’engin, le Biau Jardinier a décidé de partir d’un de ces polyvalents cadres de Barre Porte-Outil (BPO) proposé en formation par l’Atelier Paysan. Un outil issu de ce que «les vieux qu’ont d’l’âge dans la Bio» connaissent sous le doux nom de «barre jaune». Partir d’une BPO permet de bidouiller avec des ossatures supports montées sur cavaliers adaptés à ce cadre, et réglables.

Autoconstruction d'un traîne-fesses planteur adapté au petit maraîcher bio diversifié.

L’étape suivante a consisté à chercher dans le stock de vieille ferraille qui peut servir, ce qui, justement… pouvait servir… et s’adapter au plan imaginé. Et vice versa, auquel le plan imaginé pouvait s’adapter puisque autant faire avec ce qu’il y a ! Comme le disait (sur le tard) Edgar Pisani, le ministre de l’Agriculture du général De gaulle qui a licencié la majorité des paysans en finançant les survivants à utiliser au maximum tous les bienfaits de l’industrie chimique :

«l’art du paysan consiste à valoriser ce dont il dispose et à se passer de ce dont il manque.»

Le Biau jardinier est donc passé à la pratique, lui : il a coupé, récupéré, meulé, soudé, réutilisé. Et installé une sangle comme porte-pied provisoire : ça permettra de décider quoi souder, et où, à bon escient, c’est à dire après quelques essais expérimentaux «in situ paysan». Vivement les prochaines courgettes !

Autoconstruction d'un traîne-fesses planteur adapté au petit maraîcher bio diversifié.

Avec l’artisanat local.

Preuve que, quoi qu’aient pu en dire quelques constructeurs de matériels jaloux de leur créneau, l’autoconstruction ne veut pas la mort des mécaniciens locaux. Monteiro Motoculture s’est à nouveau déplacé pour quelque réparation. Vite fait bien fait. Cette fois ci sur le vieux Same acheté d’occasion il y a cinq ans à un ami maraîcher qui arrêtait son jardin.

Chantier bois énergie.

Benjamin avait proposé de récupérer des troncs de résineux malades qu’il avait abattus pas très loin. Le but étant d’en faire de la plaquette pour alimenter la chaudière automatique du bâtiment. Le Biau Jardinier avait décidé d’en financer un voyage complet. Ce qui a été fait.

Récup de bois pour déchiquetage.

Et bien sûr, comme à peu près chaque fois qu’un semi remorque vient benner quelque choses sur la plateforme en haut du jardin, ça fait la savonnette, et c’est Ronald, éleveur de porcs de Sornay, qui arrive aussitôt, à grand galop, avec les chevaux de son John Deere pour tirer le camion en question sur quelques mètres. merci à lui ! Qui osera donc dire et colporter que la Bresse est plate ???

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