Recettes d'épandage.

Si la recette paysanne du fumier de bovin rapidement composté consiste en une rapide cuisson en tas allongé, pas trop gros et bien aéré, quelques jours à température 60 / 65 ° puis 50 / 55°, arrive ensuite le moment de démouler et de servir chaud, pour que la terre puisse déguster, sans problème digestif.

Engrais vert pluriannuel broyé pour incorporation ou pour entretien, épandage de fumier de bovin rapidement composté, bande fleurie en semis d'automne et hivernée.

On reconnait le bon stade de cuisson au fait que la fermentation soit encore dynamique; la preuve ? lors de l’épandage, «çà fume» encore. Ce qui se voit sans discussion le matin ou le soir, ou n’importe quand avec le thermomètre de couche…

Le Biau Jardinier a selon les époques, utilisé plusieurs recettes d’épandage. L’une est celle que l’on peut nommer du nom des amis participant à l’opération :

La ferme Gretener

avec son gros matériel d’éleveur, lourd et encombrant, ainsi que rapide et tassant peu grâce aux pneus larges basse pression. (LIEN vers un article «au jour le jour» sur ce sujet)

Recette avec aussi plusieurs avantages : la rapidité (1/2 journée), l’échange de services possibles, l’entretien par le travail des liens amicaux. Et quelques inconvénients : travail dans le sens perpendiculaire aux planches permanentes, épandage de pas mal de fumier aussi dans les allées.  Et surtout l’obligation d’avoir assez de place disponible en bout de trajet pour les manoeuvres, donc une bande de plusieurs carrés consécutifs entièrement libres de légumes. Ce qui n’est pas forcément le plus fréquent. Parce qu’il n’est pas bien sûr question de rouler dans le sens des planches permanentes avec un épandeur si large, avec donc des roues non seulement trop écartées mais aussi plus larges que les allées qui tasseraient systématiquement toute la longueur de chaque planche ! 

Bennette 3 points

L’autre recette est l’épandage manuel au croc avec transport à la bennette. (LIEN vers un article «au jour le jour» sur le sujet).

Avec le gros avantage de l’épandage uniquement sur les planches et pas du tout dans les allées permanentes. Et la parfaite souplesse d’usage : possibilité d’épandre «à la planche». Et la contrainte d’être deux : celui qui charge la benette en reculant dans le tas de compost et complète manuellement son chargement ; celui qui vide régulièrement la benne au croc puis «fignole» la répartition pendant que le chauffeur fait le chargement suivant. Etc…  Solution viable, mais inconvénient du temps nécéssaire (2 ou 3 journées à deux personnes), et la nécessité de trouver la main d’oeuvre volontaire. Pour ce qui est de la question subsidiaire «où classer l’exercice physique» : avantage ? inconvénient ? Le Biau Jardinier hésite… À négocier…

Le Biau Jardinier teste maintenant une

Nouvelle recette

qu› il rêvait depuis un bon moment de mettre en oeuvre. C’est la tentative de, comme on dit en termes de décideurs, «en même temps palier aux inconvénients et en même temps maximiser les avantages» des anciennes recettes. L’objectif :

  • mettre le minimum de fumier en dehors de la planche de culture elle-même,
  • ne pas du tout rouler sur la planche de culture,
  • ne pas consacrer trop de journées à ce travail, «en même temps» que
  • faire l’épandage à une seule personne : il faut bien pendant ce temps continuer à assurer l’entretien du jardin, voire la récolte des légumes.

Le Biau Jardinier utilise donc un petit épandeur maraîcher maniable et adapté à sa largeur de planches permanentes, et un tracteur agricole avec fourche de chargement.

Essieu directionnel

Rappel

Un épandeur de fumier «classique» est, par définition, un engin qui exige beaucoup de place pour la manoeuvre. Mais sans que le plus souvent cela pose de problème puisqu’il est utilisé dans de grandes parcelles. Par contre, chez le petit maraîcher, il y a une manoeuvre en entrée de planche et une manoeuvre en sortie, lieux où la place manque et d’où les obstacles ne sont pas forcément absents. C’est donc délicat. Et long : dans un jardin d’environ 250 planches (avec donc 500 obligations de manoeuvrer) çà peut devenir pour le moins «fastidieux»…

La solution technique

c’est l’épandeur à essieu directionnel : avec l’hydraulique du tracteur, on peut orienter les roues de l’épandeur comme on le souhaite.

Épandeur à essieu directionnel, adapté au maraîchage.

Ça tourne dans un «mouchoir» : un vrai régal ! On rentre «direct», on sort «direct», on n’empiète pas sur le bout de la planche, etc… Le bonheur tractoriste !

L'essieu directionnel de l'épandeur permet d'entrer dans les allées sans plus de manoeuvres.

Problème coût

parce que ce matériel coute cher … moitié d’un tracteur…

Solution entraide

Alexis, maraîcher bio diversifié de la région lyonnanise et ancien patron du Biau Jardinier lui prête régulièrement le sien. C’est avec la grosse voiture de Charlie, l’ami entrepreneur de travaux public récemment installé sous le nom de Grebert TP, et une remorque de location, que le Biau Jardinier fait le transfert Lyon / Bresse.

«C’est pas écologique, tous ces transports !!! Faut faire local !!!», dit l’écolo (du moins celui qui de sa place d’observateur hors sol, trouve plus facilement «la petite bête» - qu’il cherchait - que la proposition de méthode viable ET vivable dans la réalité du terrain de la vraie vie paysanne et productive). «Pas écolo» est pourtant bien une erreur d’analyse : la location d’un matériel qui sert rarement est beaucoup plus adaptée et bénéficie d’un meilleur bilan global énergétique (donc éco-logique) que la pleine propriété individuelle. En terme urbain, faire le parallèle voiture individuelle avec transport en commun ou covoiturage.

Fourche crocodile

Pour charger le fumier dans l’épandeur, solution entraide là aussi. Éric, paysan boulanger, prête son tracteur équipé d’une fourche hydraulique à pince. À charge de revanche : il apprécie beaucoup le broyeur latéral du Biau Jardinier.

Là aussi, il y a donc du transport «pas écologique» : la ferme d’Éric est à 13 km. Distance que le tracteur parcourt sur routes goudronnées, sauf bien sûr celle qui dessert le Biau Jardin de Grannod, qui bénéficie du glorieux titre de seule ferme de la commune de Sornay sans accès public goudronné… Ainsi équipé, le Biau Jardinier peut charger et épandre tout çà - en 3 journées - seul - sans trop de maux - en passant d’un tracteur à l’autre. 

Le travail sur les légumes ne prend donc pas de retard.  Et le résultat est un épandage de plutôt bonne qualité grâce au système de

Hérissons verticaux

un système qui émiette très bien le fumier.

L'épandeur à hérissons verticaux émiette bien le fumier rapidement composté.

Les volets permettent de régler la largeur d’épandage de façon à mettre le fumier composté sur la planche et à peu près pas du tout dans les allées.

Volets pour régler la largeur d'épandage

Résultat

Le Biau Jardinier peut épandre du fumier partout au jardin avec un assez beau résultat :

sur les planches nues qui vont être ensemencées

sur les planches d’engrais vert qui vont être incorporés au sol pour mise en culture

Fumier composté épandu sur engrais vert broyé, avant incorporation au sol.

et sur les planches d’engrais vert pluri annuel qui ont bénéficié d’un broyage d’entretien peu avant.

Et aussi sur les prés puisque enlever les volets de l’épandeur permet facilement d’épandre large.

Enlever les volets déflecteurs permet d'épandre plus large.

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