Un bâtiment qui sait s'adapter.

L’objectif :

Pouvoir travailler plusieurs.

Pour créer son équipe motivée de salariés compétents en CDI, Matthieu a progressivement mis en place, et parallèlement :

  • une augmentation de production suffisante pour que les ventes puissent assurer revenus et horaires de qualité à tous,
  • une réorganisation du bâtiment pour que son nécessaire agrandissement continue à offrir de bonnes conditions de travail.

Les trois premières années d’installation ont été marquées,

  • au jardin par la construction de 2500 m2 de tunnels à bords droits, l’aménagement de deux nouvelles parcelles, l’automatisation de l’ensemble de l’arrosage, en plein champ comme sous abris,
  • au bâtiment par l’augmentation des capacités de stockage (agrandissement des chambres froides d’hiver, du local tempéré des courges, et du séchage par ventilation de l’oignon), et de rangements.

2019 a ensuite été l’année de l’agrandissement du bâtiment d’origine.

La réflexion.

Principes et besoins.

Le double choix de principe était

… de conserver ce qui fait l’efficacité du bâtiment d’origine :

  • logique du système «marche en avant» dans le trajet des légumes du jardin jusqu’au panier prêt pour l’abonné,
  • sols parfaitement roulants et tous à niveau
  • chargement du fourgon à l’abri
  • protection des travailleurs contre les diverses intempéries
  • ergonomie des manipulations, trajets, etc…

… et de réaliser deux objectifs supplémentaires :

  • augmenter la capacité de stockage du bois plaquette sans modification de l’installation de chauffage,
  • conserver à l’atelier mécanique son accès indépendant.

Choix architecturaux.

Les choix architecturaux pour les conditions de cette construction sont assez vite apparus dans la réflexion :

  • faible impact visuel à proximité du bâtiment d’origine d’aspect traditionnel bressan (construit en longueur en bois/brique et tuile terre cuite),
  • préservation de la haie séparant du chemin au Nord (vent, esthétique, biodiversité).
  • auto-construction aussi maximum et coût aussi minimum que raisonnablement possible.

Choix initial.

Une double décision a été prise au début de la démarche :

  • ne pas prolonger «à l’identique» le bâtiment d’origine dans sa longueur
  • ne pas utiliser la  seule travée de grande hauteur,

tout cela de façon à «préserver l’avenir».

Conclusion : l’agrandissement du bâtiment devait se faire du coté Nord exclusivement, sachant que des solutions provisoires permettaient de faire patienter la construction d’un abri à matériel sans difficultés insurmontables.

Choix final.

Deux surfaces ont donc été utilisées pour cet agrandissement :

  1. une partie de la longueur de l’auvent existant du bâtiment (structure bois massif, couverture tuile terre cuite) qui abritait les tracteurs et les outils les plus fragiles,
  2. une partie de même longueur de la cour existante, déja terrassée, et assez vaste pour être valorisée aisément par la construction d’un hangar sans handicaper les autres circulations.

La réalisation.

Auvent => lavage.

C’est l’ancien auvent à matériel qui convenait le mieux pour créer une salle de préparation avec un espace de lavage suffisant, au moins dans un premier temps. Ses 100 m2 ont donc été équipés de plusieurs regards tous raccordés au système d’évacuation d’origine. Un béton ferraillé a été coulé avec les pentes indispensables pour être facile à nettoyer. Et une cloison en structure bois, isolation laine de bois et bardage en panneau OSB a été construite pour séparer ce local de l’atelier mécanique existant.

Cour => paniers et plus.

Et c’est dans la cour que le Biau Jardinier a choisi de construire pour en faire un grand espace de conditionnement des légumes, préparation des paniers, chargement de fourgon à l’abri, rangements.

Opportunité de l’occasion.

Il a donc décidé de se porter acquéreur du bâtiment-chapelle de 230 m2 installé par la pépinière ornementale voisine peu d’années avant sa liquidation. Après avoir vérifié que le raccord avec le bâtiment brique existant pouvait facilement se réaliser avec quelques petits aménagements de détail.

Le transport de ses éléments a pu se faire avec le minimum de démontage, et quelques centaines mètres à parcourir… dans des parcelles agricoles. Sur des fondations, la chapelle a donc été montée et une dalle de béton ferraillé a été coulée.

Le bâtiment a été bardé verticalement en douglas : la nacelle de location, déja utilisée pour le démontage puis le montage de la structure de la chapelle, n’a pas chômé et selon les étages, tout le monde a été mobilisé ! La couverture est en film blanc clipsé, et la zinguerie de raccord entre l’ancien chéneau et le nouveau a été assurée par quelque(s) canal(s) historique(s).

Suivi de chantier.

Des articles détaillant le suivi de ce chantier ont été publiés au fur et à mesure de son déroulement, on peut les lire par ici.

Résultat.

Les Biaux Jardiniers disposent donc maintenant d’une succession de trois espaces pour le travail des légumes après leur sortie des locaux de stockage ou leur arrivée du jardin.

1/ Travail à  sec.

Dans le local de préparation d’origine, les Biaux Jardiniers peuvent, dès leur sortie du couloir,

commencer à nettoyer les légumes venant des locaux de stockage ou du jardin pour ensuite les mettre en cagettes de poids prédéterminé avec deux machines fonctionnant en «chaine» :

une brosseuse récente et une vieille peseuse pondérale achetée d’occasion. Ces machines sont bien sûr accessibles aux outils roulants de manutention, pour le confort des Biaux Jardiniers.

Qui ont aussi la possibilité d’y faire, éventuellement portes fermées, d’autres travaux de type conditionnement, nettoyage manuel, etc… chacun distancié, avec un chariot.

2/ Travail humide.

La zone aménagée sous auvent, donc bénéficiant d’une couverture tuile terre cuite, sert de lavage, avec deux matériels achetés récemment d’occasion à bas prix :

  • une laveuse à poireau

  • une laveuse de caisses.

  • On peut aussi bien sûr y laver «à la demande».

3/ Bâtiment chapelle.

Paniers et chargements.

Le batiment-chapelle offre assez de surface et volume pour plusieurs utilisations possibles : préparation des paniers

rangement en attente

et chargement ergonomique des fourgons grâce au quai mobile.

Ce quai, dès qu’il n’est plus utilisé, est rangé d’un petit coup de transpalette vers son «rabicoin»… où, contrairement à un quai maçonné, il ne gêne plus rien ni personne. Un vrai plaisir…

Plus de détails par ICI.

Confort des volumes.

Le bâtiment-chapelle offre assez de place pour mettre  les fourgons à l’abri

ou bien faire face sans délai à des imprévus genre provisoire.

Rangements.

Des rangements sur racks-palette ont été installés, notamment en cloisonnement, mais pas que.

Petits détails…

Ce chantier a été l’occasion d’essayer d’apporter systématiquement de nouvelles améliorations dans l’ergonomie au travail de confection des paniers et aux diverses manipulations, mais aussi concernant l’habitabilité du bâtiment, pour mieux l’adapter au nouveau contexte du travail à 3 ou 4 personnes.

Cagettes.

Un des problèmes avec les cagettes plastiques réutilisables (et dans une moindre mesure les palettes) est que, lors du conditionnement, le maraîcher travaille en plusieurs endroits… et a donc besoin de cagettes «à peu près partout»… Or, faute d’observation plus poussée de la réalisation des travaux habituels, notre tendance (bêtement) spontanée est de toutes les ranger en un seul lieu. Et cela fait «marcher pour rien»…

Les Biaux Jardiniers, qui aiment bien ne pas gaspiller leurs vie au travail, ont donc profité des réorganisations provoquées par ce chantier pour valoriser plusieurs lieux qu’on pourrait nommer «angles morts», «rabicoins», etc… par le stockage des piles de cagettes, de planchons, de palettes… qui sont «moins loin» et ainsi beaucoup plus facilement à portée de main lors des différentes activités de nettoyage, tri, etc…

Et il y a même un coin réservé aux cagettes «de retour» «à laver» : pas loin… de la laveuse !

Roulettes.

Pour faciliter la confection des paniers, les Biaux Jardiniers utilisent des tables roulantes (achetées d’occasion bien sûr) d’un format suffisant pour, en plus de quelques caisses de légumes, y installer une balance. Ça va vite, et c’est bien confortable.

Escalier.

Sur la suggestion de Marc et Jean-Paul, nos amis architecte et thermicien, un autre «rabicoin» avait été valorisé lors de la construction du local des oignons, pour l’installation d’un escalier desservant facilement l’étage avec ses locaux de stockage et autres pièces techniques. Ainsi placé, il contribue à ramener de la logique et du confort en «recentrant» les circulations internes dans ce bâtiment… dont l’usage a effectivement pas mal évolué en quelques années.

Plaquette bois.

C’est logiquement à l’extrémité du bâtiment-chapelle, au plus près de la chaufferie, qu’est «gérée» la plaquette bois utilisée pour le chauffage. L’objectif était de n’avoir besoin de faire travailler la déchiqueteuse qu’une année sur deux, de façon à limiter ses déplacements.

  • À gauche, le grand volume de stockage de plaquette a été équipé, en fond, de blocs-béton pour résister aux manipulations au godet.
  • À droite, le fond désileur d’alimentation automatique de la chaudière, bardé en douglas, a été agrandi pour plus d’autonomie entre deux remplissages hivernaux.

Le transfert du silo - à gauche -  au fond désileur - à droite - se fait facilement avec le tracteur équipé de la fourche croco, selon les besoins une ou deux fois par an.

Tous les détails ICI sur le déchiquetage du bois récolté sur la ferme pour le transformer en plaquette.

Et dehors, une cour ?

Rangement pallox.

A aussi été valorisée la partie déja terrassée de la distance règlementaire laissée entre le bord de la construction du batiment-chapelle et le chemin de desserte de la ferme. Rappelons ici que le Biau Jardin de Grannod est la seule entreprise de la commune de Sornay à ne pas bénéficier d’un accès public à carrossabilité garantie en toute saison. C’est évidemment l’entreprise Grebert TP qui a proposé la solution technique : une bonne épaisseur de «recyclé» (ce matériau récupéré lors de la réfection des routes goudronnées) consciencieusement dammé, puis recouvert d’un couche de caillou broyé de tout petit calibre, avec tassement conséquent.

  • Résultat : un beau couloir assez stable pour y ranger au chariot élévateur les piles de pallox plastique vides.
  • Avantage : une économie de surface couverte, ce luxe… facultatif pour ce type de matériel.
  • Condition : la belle haie (robiner d’origine, et surtout alisier, érable et myrobolan plantés à notre arrivée) contribue à l’esthétique de la solution.

Auvent atelier.

Garder au dehors de cette nouvelle construction la travée d’auvent desservant l’atelier a permis de confirmer cette surface pour abriter les tracteurs et les divers travaux de mécanique. Probablement qu’après quelques temps d’usage, apparaitront des pistes d’aménagements pour mieux organiser ce lieu : la pratique parlera !

Cour confortable.

Un petit peu de finition sur la plateforme a permis de notamment fignoler l’accès des abonnés à leur panier hebdomadaire,

et de créer des places pour rangements de matériels et accessoires.

Premier bilan…

L’augmentation de 50% de la surface en bâtiment a pu être réalisée rapidement, à coût modéré, et de manière assez discrète avec le choix du bâtiment-chapelle. Qui a été complètement opérationnel peu avant le (premier ?) confinement Covid… et heureusement ! c’est ce qui a permis aux Biaux Jardiniers de s’adapter du jour au lendemain et sans trop de dommage aux contraintes supplémentaires de préparation de leurs paniers.

Plusieurs modifications d’agencements ont été testées. Il y en aura vraisemblablement encore d’autres, car c’est par la confrontation avec la pratique que les idées se valident… ou pas. D’autant que pour les deux ou trois années à venir, le plan de culture, comme le système de vente, ne sont pas encore complètement stabilisés. L’organisation des bâtiments est donc potentiellement amenée à évoluer sur quelques points pour s’adapter aux actuelles et futures conditions de travail des Biaux Jardiniers !

(À suivre…)